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20/09/2010

Une journée presque "ordinaire" dans la vie de M me le Préfet

308_@PREFETE347863.jpgNARBONNE
© Photos Cl. Boyer
De 9 h à 21 h, voici une journée avec Anne-Marie Charvet, préfet de l'Aude. Au menu : la présentation de la voiture anti-infraction des gendarmes, deux longues réunions et une "virée" sur le terrain pendant une opération de contrôle.
P ou r suivre pendant une journée M me Le Préfet, mieux vaut avoir bien dormi. Et chausser des baskets. 9 h : Anne-Marie Charvet ouvre son bureau pour accueillir les directeurs des services de l'Etat. "Vous, on ne vous voit pas beaucoup" , lance-t-elle à l'un d'entre eux. Taquinerie ou réprimande ? L'intéressé jugera. Le "C5", comité hebdomadaire, débute. Pendant deux heures, la représentante de l'Etat veut tout savoir. Des installations illégales de yourtes dans le Limouxin ? Elle interroge : "Y-a-t-il des enfants ?" La situation agricole se serait améliorée...

"Et la viticulture ?", s'inquiète le préfet, en interrompant poliment l'exposé .
Le "chef d'orchestre" n'hé site pas à faire des apartés. "Ce n'est pas tous les jours qu'on a de bonnes nouvelles", commente-t-elle après l'annonce de deux interpellations à Carcassonne. Le haut-fonctionnaire lance aussi des pistes comme la plantation de vignes comme pare-feu dans la Clape. "Vous me préparez une note sur le sujet", demande-t-elle au directeur concerné.
"Ici, c'est le préfet qui commande !" Fin de la réunion. Il faut gagner la cour de la préfecture pour la présentation de la L2V, la voiture anti-infraction des gendarmes (lire notre précédente édition). Pendant que le colonel Zamora répond à la presse, la re présentante de l'Etat félicite Pascal Dumas, le "patron" des policiers, pour les interpellations.
13 h : déjeuner. Le préfet a convié les deux gradés : "Mes amis, avancez-vous !" Anne-Marie Charvet s'accorde quelques minutes pour signer des documents. Pour le repas, relâche. Pendant une heure, l'hôte reste intarissable sur ses souvenirs de sa ville de coeur, Marseille.
14 h 20 : le préfet gagne la salle Riquet de la préfecture pour le conseil départemental de sécurité civile. "Ici, c'est le préfet qui commande. Vous allez là-bas", plaisante-t-elle en montrant l'estrade à Jacques Hortala, vice-président du conseil général.
Imprévu à 17 h : l'entrevue avec des syndicats est annulée. Du repos pour la représentante de l'Etat ? Non. Le téléphone sonne. Au bout du fil, le sous-préfet de Narbonne évoque la future ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan, "en bonne voie".
"Et ma carte de séjour ?" 18 h 30 : Anne-Marie Charvet, jean et chaussures sans talon, rejoint un contrôle routier à La Conte. Elle ne reste pas près des policiers. Vite, un passage chez le buraliste où elle interpelle un jeune homme qui "rouille"... Un groupe l'a reconnu. "Et ma carte de séjour M me le Préfet ?", interpelle un jeune. "Travaillez et vous l'aurez !", assure-t-elle, aussi à l'aise pour cet échange qu'avec les directeurs du matin.
En route pour Berriac avec les forces de l'ordre. Le cortège, à pied, traverse la Cité de l'Espérance en suscitant l'interrogation de la communauté gitane. Le préfet discute avec quelques membres, en s'écartant des militaires pour faciliter le dialogue.
20 h 30, retour en préfecture pour la réunion de fin de journée avec Pascal Zingraff, secrétaire général. Pendant une demi-heure, l'actualité est balayée, des rendez-vous planifiés... "C'était une journée ordinaire", assure Anne-Marie Charvet. 21 h : fin du reportage. Nous sommes épuisés. M me le Préfet va, elle, encore éplucher quelques dossiers...

08:38 Écrit par Telldani dans Entretien | Lien permanent | Commentaires (0)

06/09/2010

L'oeil" du Titanic posé sur l'avenir des salins

584_F201.jpgTitanic posé sur l'avenir des salins
Jean-Jacques Promé est l'ancien P-DG de la société Hytec dont les caméras ont filmé le Titanic. Il dirige aussi la société qui fait revivre les Salins de Gruissan. Rencontre...

ENTRETIEN

Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ces salins ?
Il y a deux ans, j'ai appris que les Salins du Midi cessaient d'exploiter le sel et quittaient le site de Gruissan. Je m'y suis intéressé. C'était un territoire de 400 ha qui allait être transformé en jachère. Je n'aime pas le gaspillage économique et écologique.

Quel a été l'accueil ?
Les gens sont très attachés à ce patrimoine qu'ils se sont appropriés. Ils aiment le paysage mais aussi tiennent à l'activité des salins. De nombreuses familles ont des parents ou des grands-parents qui ont travaillé ici. J'ai donc rencontré un énorme enthousiasme et surtout une adhésion totale. J'ai autour de moi une équipe de gens capables,

motivés et disponibles. Nous nous sommes mis à une table pour discuter, lister idées et possibilités, évaluant leur coût, la faisabilité et leur rentabilité.

Ça marche ?
Oui. La vente et la dégustation des huîtres mise en culture grâce à un partenariat avec un ostréiculteur de Mèze, ont démarré cet été et c'est déjà rentable ! Nous faisons des essais aussi avec d'autres espèces, notamment la palourde...
Et depuis quelques années, je m'intéresse à l'aquaculture et l'algoculture. Il y a cinq ans je me suis associé à des jeunes biologistes pour créer la 1re ferme marine en Europe de poissons tropicaux de mer d'ornement. 40 espèces différentes sont élevées et nous exportons 30 % de la production. Avantage non négligeable : on ne prélève pas de poissons dans leur milieu d'origine, les récifs coralliens. Il est question de transférer l'activité de Mèze à Gruissan où il y a plus d'espace. En même temps, ça peut intéresser les touristes.

Et l'algoculture...
Un de nos grands projets est la production de micro-algues. Notamment la dunalilla salina, une algue rose qui prolifère dans les milieux salés. Elle est bourrée de bêta carotène. C'est elle qui donne leur couleur rose aux flamants. Une fois extraite et distillée, elle peut être employée en pharmacie (notamment pour des pilules bronzantes), pour des colorants alimentaires... Il y a un marché. D'ailleurs tout ce qui se fait ici colle à la réalité économique.

Quand seront mises en place ces nouvelles activités ?
Dans les deux ans qui viennent pour la ferme des poissons tropicaux. En plus des quatre emplois existants, trois ou quatre autres pourraient être créés. Quant à l'algoculture, dont l'investissement s'élève à 1 M€, c'est plus difficile à dire. Car, avant tout, nous avons besoin d'un cadre juridique sécurisé (*). Cette nouvelle activité devrait générer 4 à 5 emplois.

Finalement, alors que la production de sel est arrêtée, plusieurs activités vont cohabiter sur le site...
Oui. C'est un site où cohabitent différentes activités qui viennent à la fois à la place du sel ou, au contraire, avec le sel. Avec un tourisme qui doit se développer sans que cela gêne ces activités. Un tourisme raisonné, intelligent. Notre préoccupation est de conserver à ce lieu son côté nature, sans quasiment le changer. Les salins ne nous appartiennent pas. Ils sont la propriété de la commune. Nous sommes ravis de voir les gens s'y promener et de constater leur cohabitation harmonieuse. Ainsi la Ligue de protection des oiseaux y fait ses observations et les chasseurs y traquent le gibier.

Visiblement vous n'êtes pas prêt à prendre votre retraite ?
J'ai travaillé 25 ans dans l'eau de mer avec l'instrumentation sous-marine. Je suis attiré par la mer. Le défi que représente le devenir des salins m'a plu. Et je me suis pris au jeu. Je viens plusieurs fois par semaine de Montpellier. Ce gaspillage est absurde ! C'est dingue de sacrifier des territoires pareils ! Ce sont des réservoirs extraordinaires pour les oiseaux. La flore y est remarquable, comme les paysages. L'enjeu est aussi de préserver une très ancienne tradition languedocienne.
Hytec La société Hytec est installée à Montpellier depuis 1981 et compte 24 personnes. Ses activités vont de la conception à la fabrication et la commercialisation de matériel électronique vidéo et mécanique destiné à des interventions sous-marines et au contrôle technique de certaines opérations en milieux hostiles. Hytec possède un département recherche et développement très performant. Parmi ses produits, citons le "Robin", robot d'intervention du Nautile qui a filmé pour la première fois l'épave du Titanic

07:58 Écrit par Telldani dans Entretien | Lien permanent | Commentaires (0)

27/08/2010

Cédric Rosalen

349_@ROSALEN341438.jpgNARBONNE Cédric Rosalen : "Un groupe très fort humainement"
© Photo Fred Venarecci
Il est l'une des recrues capitales de l'USC XV pour la première saison en Pro D2. L'ambition de Cédric Rosalen est collective : permettre au club de trouver sa stabilité dans l'antichambre du Top 14.
Suivant la célèbre maxime, le m alheur des uns faisant le bonheur des autres, les déboires financiers des Montalbanais auront permis aux Audois de réaliser un bon coup sur le marché des transferts.
L'ouvreur formé à l'école de rugby du GAOB (Ginestas, Argeliers, Ouveillan et Bize), puis devenu le chouchou du parc des sports et de l'amitié, a fait un crochet par Aimé-Giral avant de devenir la mascotte de la cuvette de Sapiac.
A 30 ans, le Narbonnais de naissance vit toujours à Ouveillan, le village de sa famille, avec sa compagne et leurs deux filles de 2 et 5 ans.
Malgré

des propositions de clubs huppés, Stade Français, Métro Racing, tu as choisi l'USC, pourquoi ce choix ?
Malgré des propositions de plusieurs clubs du Top 14, j'ai choisi l'USC pour plusieurs raisons. Ma compagne devait impérativement reprendre son poste de professeur à Narbonne. Sportivement, le club possède de réelles ambitions sportives à court et moyen terme. Pour bien figurer en Pro D2, ils ont fait l'effort sur un judicieux recrutement tout en ayant un projet solide pour l'avenir.
Parallèlement, je souhaiterais dire un grand merci à mon ami Dominique Canoflores et à la société ACN, avec qui je prépare l'après rugby en développant une société de marketing de réseau, sans lui je n'aurais pas signé à Carcassonne.

Depuis ton arrivée et avec ton expérience du monde professionnel, comment ressens-tu le groupe audois ?
Je ressens un groupe très fort humainement avec un gros vécu couplé à une énorme envie de progresser pour se hisser au niveau de la Pro D2. Pour ma part, tout se passe très bien et j'apprends quotidiennement à connaître mes coéquipiers.

L'adaptation est tout de même facile avec Siro et Mahé que tu connais bien des heures narbonnaises...
Avec Mathieu, Grégory et Benoit, nous avons évolué plusieurs saisons ensemble sous le paletot "orange et noir" donc les réflexes reviennent très vite, même si les réglages sont encore à peaufiner.

Un mot sur Christian et Franck devenus entraîneurs...
Christian, c'est avant tout un ami avec qui nous partageons des passions communes, la chasse, la pêche et les champignons. En tant que coaches, leur grande force à tous les deux, c'est de savoir inculquer au groupe, cette culture de la gagne.

Sur ton ami Thomas Clavières
... Thomas, c'est l'homme et l'entraîneur qui m'a permis à 19 ans d'évoluer au plus haut niveau. C'est lui qui a lancé ma carrière, il m'a tout apporté. En 1999, il m'a déjà permis d'être champion de France Crabos avec Narbonne. Depuis 11 ans, ne passe pas une semaine sans que l'on se téléphone (la finale contre le stade toulousain se solda par un 17-17, le titre fut partagé entre les deux clubs).

Ton objectif personnel cette saison ?
Je ne souhaite pas parler d'objectifs personnels car le rugby est et sera toujours avant tout collectif, je dirais simplement que mon but est de permettre au club de trouver sa stabilité en Pro D2.

A titre personnel, retrouver ton jardin du parc des sports et de l'amitié avec le voisin audois sera un peu particulier ?
Bien sûr que retrouver le parc des sports et de l'amitié sera particulier car j'ai vécu des moments extraordinaires durant une grande partie de ma carrière, mais dans le sport de haut niveau, il y a des exigences et donc cette rencontre sera comme toutes les autres, il faudra aller chercher la victoire. Evidemment après, j'aurais plaisir à boire un verre avec mes amis narbonnais.
Auch-USC XV, samedi 28 août, à 18 h 30, à Auch

10:03 Écrit par Telldani dans Entretien | Lien permanent | Commentaires (0)

21/08/2010

Michel Fugain : « C’est le rôle des artistes de réveiller les gens »

fugain.jpg
Photo F. T.



En 2007 sortait son album, "Bravo et merci", écrit par ses amis de la chanson. Depuis, entre deux haltes chez lui en Corse, il n’en finit pas de tourner. Palavas et Narbonne le reçoivent.

Que représente, pour vous, le fait de monter sur scène ?
J’ai passé mon temps à faire des chansons pour faire de la scène. Nous les artistes, on a en charge l’imaginaire du peuple. Sur scène, on ne doit pas parler de soi mais des autres. Ce n’est pas un exutoire. On n’est pas là pour se soigner comme pour une thérapie. Faire des chansons, c’est un métier. Cela fait quarante-quatre ans que je le fais et je peux vous dire qu’on a plus de devoirs que de privilèges.

Les

"anciens" reprennent volontiers leurs tubes en duo avec de jeunes chanteurs en vogue. Au contraire, vous avez fait appel à des artistes de votre génération…
Après un problème familial, j’ai pensé que j’allais m’arrêter. Puis, je me suis aperçu que je n’ai jamais pris le temps de dire à mes confrères et consœurs à quel point ils avaient fait de belles chansons. À travers cet album, je voulais juste leur dire bravo et merci, d’où le titre. Ensuite, j’ai nullement envie de faire du vieux matos habillé autrement. J’ai encore beaucoup d’énergie, alors je fais. Je suis un créateur pas un "refaiseur".

Janis Joplin disait : « On ne peut pas chanter une chanson que l’on ne ressent pas. » Etes-vous d’accord avec cette phrase ?
Même si je travaille avec des paroliers, toujours les mêmes, depuis des années d’ailleurs, qui me connaissent par cœur, la vérité serait plutôt : « Si on ne ressent pas la chanson, comment peut-on espérer que le public puisse la ressentir ? » Ils m’emmerdent, ces crétins qui disent "je" sans arrêt. On chante pour les autres. Ce n’est pas un métier nombriliste.

Etes-vous fier d’être perçu comme un artiste populaire ?
Avec le temps, je suis devenu un artiste populaire. Mon combat actuel, c’est de lutter contre cette génération qui méprise cet aspect, qui refuse leur héritage. C’est comme s’ils n’avaient rien appris de ce qu’on a semé. Nous on a connu autre chose et je sais pourquoi je lutte. Mais eux, ils ne connaîtront que la thune et le show-biz. Le cynisme ambiant, c’est dramatique. Pas l’ombre d’une générosité, que du marketing. Je ne voudrais simplement pas que la jeune génération soit sacrifiée sur l’autel de l’ultralibéralisme.

Vous êtes donc contre la léthargie ambiante ?
C’est le rôle des artistes de réveiller les gens quand ils dorment et de leur chanter des chansons d’amour quand ils se battent. On est tous dans le même bain. On se doit d’être solidaires. Quand j’allume BFM TV tous les matins, j’utilise mon pouvoir d’indignation. On est dans la société la plus injuste qu’il soit.

Aux jeunes générations, vous avez envie de leur dire quoi ?
Que vous avez plutôt intérêt de vous enraciner le plus fort possible, pour aller le plus loin. J’aime assez ce proverbe qui dit : "Pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient." J’ai écrit un texte, à ce sujet, pour mon fils de 17 ans, et j’explique que l’histoire de l’humanité est comme un grand arbre, que chaque branche est une génération, et si une d’elle vient à se détacher du tronc, ça fait du bois mort. Et le bois mort, c’est pour le feu.

Où en est votre projet d’adapter en comédie musicale le "Chantecler" d’Edmond Rostand ?
Le problème, c’est le casting. Pour faire une soirée événementielle à la télé, il faut des artistes "bankables", car la télé marche à la pub. Mais les stars, aujourd’hui, ils chantent pas, ils murmurent. C’est pas possible. Je n’ai pas adapté les textes de Rostand à une mélodie pour des murmureurs. Mais ce projet existera, c’est sûr. Cette histoire de ce coq de basse-cour, qui croit faire lever le soleil grâce à son chant et qui devient une rockstar, c’est un état des lieux amusé du show-biz.



Recueilli par Octavie DELAUNAY
En concert le jeudi 12 août à 21 h 30, aux arènes de Palavas. Le jeudi 26, à 22 h, à Narbonne dans le cadre du festival Trenet (Agnès Bihl en première partie).

07:44 Écrit par Telldani dans Entretien | Lien permanent | Commentaires (0)

14/08/2010

Jean-Claude Dreyfus : « J'aime la convivialité des Audois »

566_F201SAM.jpgNarbonne. Coups de coeur Jean-Claude Dreyfus : « J'aime la convivialité des Audois »
Installé dans le Minervois depuis cinq ans, l'acteur nous livre sa vision de la région

ENTRETIEN
On l'a vu interprétant un boucher dans "Delicatessen" de Jean-Pierre Jeunet ou plus récemment dans "Un long dimanche de fiançailles" aux côtés de Marion Cotillard. Ces jours-ci, l'acteur fait une pause studieuse dans sa résidence du Minervois, pour répéter les scènes de son prochain spectacle, "Le mardi à Monoprix", qu'il jouera sur la scène nationale du théâtre de... Narbonne, en novembre.
De passage sur le marché de la sous-préfecture audoise, où il se rendait pour la première fois (!), l'acteur confie volontiers sa vision du terroir audois.

Vous vivez dans le Minervois depuis cinq ans, dans un ancien chai viticole aménagé en loft. Qu'est ce qui vous séduit dans cette région ?
J'aime ses paysages, son pinard, ce vent

qui rafraîchit l'atmosphère. Et les gens d'ici. Ils sont discrets, conviviaux et très accessibles. Pas comme dans le Lubéron ou dans le Var.
Et puis, on est proche de tout : la mer, la campagne, la montagne. Dali disait que la gare de Perpignan était le centre du monde, mais ici, on est plus au centre encore.


Vous profitez donc de vos vacances pour voir du pays ?
Pas vraiment. Je me balade dans les vignes autour de chez moi et j'évite la foule des touristes. Je ne vais à la mer que hors saison, notamment aux chalets de Gruissan, en souvenir du film "37°2 le matin". Mais je trouve que les lieux ont perdu de leur charme, depuis que le bas des chalets a été construit.

Y a-t-il des lieux qui vous ont particulièrement marqué dans les environs ?
La campagne du côté de Lagrasse. Je m'y rends régulièrement, chez mon ami Raynaldo Delattre, qui s'occupe de la mise en scène de mon prochain spectacle. Nous répétons en extérieur, même l'hiver !Il y a aussi la cité de Minerve, extraordinaire. Je m'y suis rendu à l'occasion du festival "Les chemins de Minerve". J'ai le souvenir d'avoir fait un spectacle autour du poète Rictus à La Caunette.
Et puis, j'ai également amené des amis sur la route qui monte et qui descend (NDLR : la curiosité de Lauriole à Siran). Je m

e suis arrêté sur la route, sans prévenir mes hôtes, pour préserver l'effet de surprise.
Auriez-vous quelques bonnes tables à recommander à nos lecteurs ?
J'aime beaucoup la "Fourchette folle", à Roubia. Le restaurant est tenu par des Hollandais, amoureux de la cuisine française, mais qui rajoutent une pointe d'exotisme dans leurs plats. Avec un bon rapport qualité / prix.
Sinon, je recommande les pizzas de la "Via Domitia", sur la place de la mairie, à Narbonne. J'ai dit un jour au patron que c'était les meilleures pizzas du monde et chaque fois que je retourne le voir, je constate qu'il ne l'a pas oublié !

Vous venez sur le marché de Narbonne pour goûter les produits du terroir. Est-ce votre marché favori dans la région ?
C'est la première fois que je viens ici. En général, je vais au marché de Ventenac et j'achète mes produits aux producteurs locaux.
Je préfère les tout petits marchés, comme celui de Canet-d'Aude. C'est d'ailleurs là-bas, dans une boutique pour femmes "épaisses" que j'ai trouvé la robe pour mon spectacle "Le mardi à Monoprix", dans lequel je joue le rôle d'un transsexuel (voir encadré à droite).
Jean-Claude Dreyfus défend le terroir et le "pinard" « Si j'avais un conseil à donner aux vacanciers, ce serait de se balader dans cette région, qui est très belle, malgré sa réputation d'être pauvre. Et surtout de ne pas avoir d'a priori sur le pinard, car ici aussi on fait du très bon vin. D'ailleurs, j'en profite pour m'adresser aux viticulteurs et leur dire de ne pas abandonner, de ne pas se laisser abattre et de continuer à faire du bon vin comme ils savent le faire aujourd'hui. J'ai moi-même participé à une exposition viticole, en peignant des cochons érotiques - car vous n'êtes pas sans savoir que c'est ma grande passion - sur des barriques, pour le domaine du château du Puech Haut dans l'Hérault.
Si j'avais un vin à recommander ? Je ne sais pas lequel je choisirai. Je trouve que l'on produit de très bons rouges par ici. Et personnellement, je bois le vin qui vient des vignes devant ma maison. »

08:18 Écrit par Telldani dans Entretien | Lien permanent | Commentaires (0)